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أخبار وطنية La députée Karima Souid: Ya Béji, dis à ton fils qu'il ne passera pas

نشر في  10 نوفمبر 2015  (08:53)

Dans une lettre publiée sur son compte facebook, la députée Karima Souid s'est adressée au président Béji Caid Essebsi pour exprimer son refus de la façon dont la cérémonie de la remise du prix Nobel tenu à Carthage hier lundi 9 novembre a écarté les députés de la première ainsi que ceux de la deuxième assemblée constituante, en rajoutant: "Ya Béji, dis à ton fils qu'il ne passera pas".

Nous vous livrons le texte de Karima Souid tel qu'elle l'a publié:

"Beji Caid Essebsi a organisé hier au Palais de Carthage une teuf (une fête pour les non initiés, ce langage que j'affectionne). Bien entendu, aucun Constituant ou ex député selon l'importance que vous donnerez à l'histoire de la Tunisie (je vous rappelle que dans l'histoire de la Tunisie, il y a eu 2 assemblées Constituantes, ceux de 1956 portent ce titre et ceux de 2011 sont appelés ex députés par les révisionnistes et Medias mauves)...

A cette teuf, il y avait 4 héros, branche d'Olivier à la main et beaucoup de crapules dans les invités.

Dans les discours, aucun d'entre eux n'a mentionné le fait que si les 21 partis politiques et leurs Constituants avaient refusé de se mettre autour de la table pour discuter de leurs différents, il n'y aurait ni branche d'Olivier, ni petits fours, ni citronnade et jus de fraise.

Beaucoup d'entre nous, subissent ces humiliations répétitives sciemment voulues par ce President et son entourage. Le but est d'occulter ces 3 années de Constituante, de transition démocratique avec ses crises et ses victoires.

No way ya Beji, la Tunisie reconnaît les siens, l'histoire aussi.

Nous avons passé le relais à des assoiffés de pouvoir, à 90% de fainéants qui ne daignent même pas se présenter aux commissions de la nouvelle assemblée et un an après, rien n'a avancé.

Beaucoup se pavanent sur les plateaux de TV et radios sans maîtriser les futurs enjeux. Nous avons posé les fondations et le chantier est à l'abandon.

Toujours pas d'instances constitutionnelles et là je pense en particulier à la Cour Constitutionnelle et à sa composition.

D'ailleurs je vous demanderai cher(es) compatriotes d'être très vigilants et de ne pas lâcher prise.

J'en profite également pour lancer un appel à notre jeunesse et aux historiens (les vrais , pas les révisionnistes) pour réaliser des documentaires sur cette période historique pour les générations actuelles et les futures générations. Il y avait du bon et du mauvais mais avec le bon et le mauvais, nous sommes arrivés à bon port.

Ya Beji, c'est vrai que je ne serai pas venue à ta teuf, d'ailleurs je ne mettrai plus les pieds à Carthage tant que t'y seras.J'ai au moins l'honnêteté de te le dire.

Ya Beji, la différence entre toi et Marzouki (et Dieu sait que je lui en veut aussi énormément), c'est que lui savait rendre hommage aux patriotes.

Non, je n ai pas révolutionné la Tunisie, j'ai été une infime pièce du puzzle qui n'a jamais dévié de mes valeurs et de mes principes.

Ya Beji, jamais toi et les tiens ne pourront réviser, occulter et transformer l'histoire. Dis à ton fils qu'il ne passera pas, qu'on sera là et qu'on fera barrage quitte à y laisser nos vies.

Dis à Marzouk que la Tunisie n'est pas à vendre et que j'en ai marre de ses conneries et dis à Jomaa d'arrêter de danser sur du Mickaël Jackson (il crie déjà victoire) parce lui aussi j'ai plus envie de voir sa gueule."


Karima Souid : CONSTITUANTE